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Renouvellement du bureau : l’AMP en marge de la Constitution

Par  medard muyaya

C’est la jungle. L’heure est grave. Le spectacle auquel on assiste depuis plus de deux mois au sein de la chambre basse du Parlement ressemble à un « théâtre de chez nous ». La haine et les passions ont remplacé la raison.

Hier jeudi 2 avril 2009, les élus du peuple se sont retrouvés en plénière en la salle des Congrès du Palais du peuple. L’ordre du jour comportait trois points, à savoir : l’adoption de l’ordre du jour, la démission des autres membres du bureau et le renouvellement du bureau.

Après l’adoption de l’ordre du jour, le bureau a convié les députés à accepter la démission des autres membres du bureau comme c’est fut le cas lors de la démission de Vital Kamerhe c’est-à-dire, une démission « sans débat ni motion ».

Cette proposition a rencontré une résistance de la plénière. « Nous assistons à une situation irrégulière qui ne s’est jamais produite dans aucun pays du monde. C’est le départ du président de l’Assemblée nationale qu’on voulait obtenir. L’on ne peut pas comprendre par quelle magie d’autres membres du bureau devaient subir le même sort », a déclaré Vital Kamerhe.

STATUER SANS PASSION

A cette étape, le député Clément Kanku wa Tshibuabua est monté au créneau pour faire savoir à ses compères que le terme « mandat impératif » doit être entendu comme un acte établissant un support de droit entre le mandataire et les mandants.

Pourquoi cet article suscite tant de remous au sein de notre classe politique ? C’est tout simplement parce qu’il consacre le caractère indépendant de notre mandat. « Nous devons décider en âme et conscience et non sur injonction de telle ou telle autre personne », a fustigé Clément Kanku.

Avant d’indiquer qu’il serait judicieux de comprendre le sens des actes que certains d’entre les députés posent, leur répercussion sur le fonctionnement de la chambre basse du Parlement et on doit statuer sans passion sur la relation de cause à effet entre ses actes posés et le caractère impératif du mandat de ceux qui les ont passés.

D’autres députés, intervenant sur la démission des membres du bureau, ont estimé que comme cela ne dépendait pas de démissionnaires, il aurait fallu qu’on vote au cas par cas. Cette proposition a, une fois de plus, suscité des remous dans la salle.

A cette occasion, Roger Lumbala, président de l’ODR prendra la parole en vue de démontrer aux députés de l’AMP que leur famille politique ne les aimait pas. Cela, pour les avoir « sacrifié », a-t-il dénoncé.

A cet effet, Vital Kamerhe, président sortant de l’Assemblée nationale en a profité pour rappeler à l’ordre sa corporation politique. Il a estimé qu’il n’y avait pas de raison de faire partir tous les membres du bureau qui n’ont rien fait à cause d’un individu.

UNE COMMISSION SPECIALE

Passant au point relatif au renouvellement du bureau, le député Tunda Ya Kasende du Pprd est intervenu en qualité de porte-parole de son parti. Dans son intervention, il exige la mise sur pied d’une commission spéciale devant organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Pour lui, le président sortant ne devait pas être à la fois juge et partie. Il a été soutenu dans sa démarche par les députés Munayi, Me Mbuyu, Nkulu Mwenze, Tshibangu Kalala.

Cette motion a suscité de fortes tensions dans la salle des Congrès du Palais du peuple, d’autant que les députés AMP ne partageaient pas cette proposition.

Avant de donner la parole à quelques intervenants, Vital Kamerhe a demandé à ceux qui lui en veulent de lui dire quel mal il y avait de le voir organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Il s’est, en outre, posé la question de savoir ce qu’il a fait pour mériter ce sort. Il a voulu être rassuré si le Pprd l’avait déjà chassé du parti surtout qu’il n’est pas candidat à sa propre succession.

« Comme j’ai eu à le dire à la plénière du 16 mars 2009, je ne pouvais pas laisser le pouvoir dans la rue comme ma famille politique me l’avait demandé. J’ai tenu à la légalité et j’ai démissionné devant la plénière. Je reste encore légaliste jusqu’à la remise et reprise avec le nouveau bureau. Bref, le bureau démissionnaire va organiser le renouvellement du bureau conformément aux lois de la République », a-t-il précisé.

L’OPPOSITION MENACE DE BOYCOTTER LE VOTE

Devant cette interprétation erronée de la loi, Delly Sessanga Ipungu, président de la Commission PAJ, a tenu à fixer les députés que la Constitution et le Règlement intérieur ne donnent pas une possibilité à un quelconque bureau provisoire de siéger en lieu et place du bureau démissionnaire, soit-il. « Agir autrement, conduira à la dissolution de l’Assemblée nationale », a-t-il prévenu.

De son côté, François Mwamba, secrétaire général du MLC, a déclaré : « Si la plénière mettait sur pied une commission spéciale, le vote se fera sans l’opposition ». Jean-Lucien Busa a, quant à lui, interpellé les députés sur leur responsabilité à s’assumer comme élus du peuple.

C’est à ce niveau que Justin Bitakwira de l’AMP a voulu savoir s’il se trouvait devant les diplômés ou alors des intellectuels.

La sagesse se trouvant dans la bouche des vieux, le député N’singa a rappelé ses collègues à l’ordre. « Qu’est-ce que vous craignez ? Quel danger y’a-t-il quant à laisser ce bureau organiser les élections. Suivons ce qui se passe dans les Etats supposés respectueux des textes. Comment comprendre que les membres du bureau démissionnaire que nous avons vénérés hier soient considérés comme des voyous aujourd’hui. Ayons le sens de l’Etat », a-t-il martelé.

C’est suite à son intervention poignante que Boris Boku Laka demandera au bureau sortant de suspendre la plénière pour des conciliabules entre groupes parlementaires. Ainsi, il a été demandé aux groupes parlementaires de se réunir autour du bureau sortant endéans quarante huit heures pour harmonisation des vues sur cette question combien importante.

KINKIEY MULUMBA ACCUSE DE DETOURNEMENT

Signalons en passant que le député Hamuli est intervenu par motion pour dénoncer le détournement des fonds du Groupe Parlementaire des Indépendants (GPI) par le député Kinkiey Mulumba. L’intervenant a sollicité le concours de la plénière en vue de l’aider à récupérer cette somme importante dont les détails seront communiqués au bureau.

Suite au détournement de 1.500.000 Usd de l’Assemblée nationale, la plénière a mis sur pied une commission devant enquêter dans quarante huit heures sur la destination de cet argent. La même commission ad hoc devra auditer sur la corruption des députés. Cela, suite au silence coupable dont a souffert les députés membres de l’AMP dans la salle des Congrès du Palais du peuple chaque fois que la question relative au détournement des fonds destinés à la chambre basse du Parlement était posée. 

http://lepotentiel.com/afficher_article.php?id_article=79466&id_edition=4602



03/04/2009
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