Le Blog de Sacrebopol

COMBAT KABILA - BEMBA: RAPPORT SECRET DE LA MONUC

Selon le journal belge "La Libre Belgique", un rapport avait été fait par la MONUC après les combats armés ayant opposés à Kinshasa, les 22 et 23 mars 2007, les milices de Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba.

Ce rapport qui incrimine beaucoup plus les forces de Joseph Kabila a été gardé secret à l'époque de Mr Swing, le Représentant du SG de l'ONU. Il a fallu attendre l'arrivée du nouveau représentant pour que ce rapport soit connu. Voici le texte tel que publié par la Libre Belgique.

Congo-Kinshasa

Combats Bemba-Kabila : rapport d'enquête secret de la Monuc
M.F.C.

Mis en ligne le 04/12/2007
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Ce rapport est plus sévère pour les troupes de M. Kabila que ce qu'on avait entendu.

  • Exclusif: le rapport de l'ONU

    AP

    Un vent favorable nous a livré un rapport "strictement confidentiel" de la Monuc (Mission de l'Onu au Congo), daté de mai 2007, concernant l'enquête menée par celle-ci sur les affrontements, en mars dernier, entre troupes de Jean-Pierre Bemba et troupes de Joseph Kabila; ces affrontements ont abouti au départ en exil au Portugal du premier. Le rapport est plus sévère pour le camp présidentiel qu'aucune des déclarations publiques onusiennes.

    Les autorités renâclent

    Le texte souligne ainsi que la coopération des autorités congolaises avec les enquêteurs onusiens a été mauvaise et qu'il conviendrait de leur rappeler que c'est dans le mandat de la Monuc d'enquêter sur les violations des droits de l'homme. Les enquêteurs se sont ainsi adressés en vain à huit autorités pour obtenir l'accès aux concessions de Bemba et n'ont pu obtenir d'autre réponse pour expliquer le refus qui leur était opposé que "le Congo n'est plus une colonie".

    Côté Bemba, il y avait 500-600 hommes, dont seulement 200 à 300 professionnels, les autres étant des enfants et adultes de la rue. Côté présidentiel, les forces relevaient essentiellement de la Garde républicaine (garde présidentielle) et atteignaient 2 600 hommes. S'y sont ajoutés, selon les services de renseignements de la Monuc, "un Iliouchine 76 transportant une compagnie de forces spéciales angolaises [qui] a effectivement atterri à Ndjili vers 19 heures le 22 mars. Des expatriés évacués ont également rapporté avoir vu des hommes en uniformes angolais durant les combats". Les enquêteurs n'ont pu établir qui, le 22 mars, a ouvert le feu le premier. Mais ils notent que le gouvernement avait apparemment "déjà décidé de désarmer la DPP (troupes de Bemba) par la force le 21 mars, malgré les appels de la communauté internationale pour encourager une solution négociée".

    Les tirs ont commencé à 12 h 20, le 22 mars, alors que des soldats de la Garde républicaine se dirigeaient vers les concessions de Bemba. Au soir du 22 mars, la DPP l'emportait mais n'avait pas été ravitaillée ni en vivres ni en munitions. Le 23 mars, les combats ont repris dès 5 heures du matin et, cette fois, les troupes présidentielles ont pris le dessus. Un nombre important de soldats de Bemba s'est alors rendu à la Monuc; d'autres ont fui à Brazzaville, d'autres ont gagné les quartiers périphériques de la ville, poursuivis par les troupes gouvernementales.

    Surtout l'armée

    Le rapport dénonce des violations des droits de l'homme commises par les deux camps - notamment l'usage d'armes lourdes dans des zones habitées, sans souci des pertes civiles et sans qu'un objectif militaire le justifie. Mais il stigmatise le grand nombre de ces violations commises par les troupes gouvernementales. "Au moins quarante civils et soldats DPP qui s'étaient rendus ont apparemment été sommairement exécutés, principalement par la Garde républicaine." De même, les deux armées ont pillé mais "principalement les forces du gouvernement une fois que Kinshasa était sous leur contrôle".

    Le texte estime qu'il y a eu au moins 300 morts, mais ce chiffre pourrait être "bien plus haut" : des rapports existent sur des fosses communes - dans des cimetières gardés par les forces de l'ordre - et des cadavres dans le fleuve Congo. Plus de 200 personnes ont été arrêtées, en particulier parmi les ressortissants de l'Equateur, province d'origine de Bemba, et les gens qui travaillaient pour ses médias.

    Le rapport de la Monuc recommande qu'il soit fait pression sur les autorités congolaises pour qu'elles enquêtent sur les crimes commis; libèrent les détenus arbitrairement retenus; indemnisent les victimes des abus; communiquent à la population ce qui s'est passé et ce qu'elles ont fait pour corriger les abus commis par les forces gouvernementales. Cinq mois après que ces recommandations ont été remises aux autorités congolaises, aucune ne semble avoir été suivie d'effet.




  • 08/12/2007
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