Le Blog de Sacrebopol

DROITS HUMAINS

Droits humains & politique

Golden Misabiko-Joseph Kabila : Chronique d’un duel  


De gauche à droite G. Misabiko et J. Kabila. Photo montage.
 

 

 

Officiellement arrêté le 24 juillet dernier pour avoir écrit que la RD Congo aurait vendu du minerai d’uranium aux régimes iranien et nord-coréen, Golden Misabiko a, en réalité, quelques vieux comptes à régler avec le «raïs» Joseph Kabila. Les deux hommes se détestent «chaleureusement». Congoindependant a fouillé des documents d’archives pour comprendre la problématique.

«Exigeons de la Justice congolaise, la libération de Monsieur Golden Misabiko, car les faits mis à sa charge (atteinte à la sûreté de l’état et diffamation) sont imprécis et obscurs». C’est un passage tiré de la Déclaration publiée jeudi 30 juillet par des organisations de la société civile de la province du Katanga suite à «l’arrestation arbitraire et la détention» du président de la section «katangaise» de l’Asadho. Ces organisations appuient sans réserve «les conclusions du rapport publié par Asadho/ Katanga» sur la mine d’uranium de Shinkolobwe et assurent que les pouvoirs publics sont en possession «de toutes les informations relatives à la continuité de l’exploitation clandestine de cette mine uranifère». Au-delà de la question relative à l’exploitation de l’uranium, il existe un «vieux contentieux» entre «Golden» et «Joseph». A Kinshasa, le ministre de la Communication et des médias a déjà qualifié les faits en parlant de «haute trahison». Question : Va-t-on assister à une «lutte finale» sous la forme d’une parodie de procès ?

L’exécution du commandant Masasu

Qui est Golden Misabiko Muchega ? Originaire de la province du Sud Kivu, «Golden» est ce qu’on pourrait appeler un «combattant» des droits et libertés. C’est aussi un combattant de la vérité. La vérité vraie. L’homme a acquis une notoriété planétaire pour avoir été le premier à annoncer, l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga, un des quatre têtes d’affiche de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) et ancien conseiller spécial du président Laurent-Désiré Kabila. Interrogé par «La Voix de l’Amérique», en décembre 2000, Misabiko révélait que la mise à mort a eu lieu le 25 novembre 2000 à Pweto, dans la province du Katanga. En bon défenseur des droits humains, il a dénoncé au passage que cette exécution ait eu lieu en application d’un procès expéditif mené par la Cour d’ordre militaire laquelle ne laissait aucune place au droit de la défense. Embarrassé par ce «scoop», She Léonard Okitundu, alors chef de la diplomatie congolaise, finit par confirmer l’information. Reste que Misabiko est arrêté par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Il est relâché quelques jours après.

Kabila est mort, vive Kabila !

Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila meurt dans des conditions mystérieuses non élucidées à ce jour. Dix jours après soit le 26 janvier, le général-major Joseph Kabila est investi en qualité de président de la République dans des circonstances toutes aussi énigmatiques. Pendant que les Congolais s’époumonaient sur le «caractère dynastique» de cette succession, le nouveau président américain Georges W. Bush, interrompt le débat en adressant ses «félicitations» à son homologue de la RD Congo. Son message commence par deux mots magiques: «Mister Président, …». Pour la «communauté internationale», la cause est entendue. Adoubé par la puissante Amérique, «Joseph» a les coudées franches pour «travailler». Et dire que le monde occidental – Washington, en tête - a œuvré à l’éviction de Mobutu Sese Seko au motif que celui-ci constituait un «obstacle» à la démocratisation dans l’ex-Zaïre.

GLM

Le 5 février 2001, Misabiko est à nouveau interpellé à Lubumbashi par des agents de l’ANR. Vingt-quatre heures après, il est transféré à Kinshasa. Ses déclarations sur l’exécution du commandant Masasu continuent à le poursuivre. Destination : l’immeuble GLM (Groupe Litho Moboti). Les «libérateurs» du 17 mai 1997 ont transformé ce paisible endroit situé dans la très huppée commune de la Gombe en un lieu de détention et de tortures où officient des agents de la sécurité présidentielle (GSSP). A quelque chose malheur est bon, Golden partage sa cellule avec plusieurs «Kadogo», les fameux enfants soldats partis d’Uvira jusqu’à Kinshasa en compagnie d’un certain «commandant Hyppo», mieux connu désormais sous le patronyme de Kabila. Prénom : Joseph.

Exil en Suède

Après plusieurs semaines passées au «GLM», Golden est transféré à la prison centrale de Makala. Il est relaxé le 13 septembre 2001. Son retour à Lubumbashi ne se passe pas sans heurts. Il fait l’objet d’une filature permanente de la part des «James Bond» de l’ANR locale. C’est ainsi qu’il décide de partir en exil. Destination : la Suède. Une sorte de repli stratégique. L’homme regagne le pays en juin 2004. Il reprend aussitôt ses activités. Fils du leader de la sécession katangaise Moïse Tshombe, «André» est arrêté mi-mai pour complicité dans «une tentative de sécession ». Le 2 juin 2005, Misabiko qui enquêtait sur cette affaire est «enlevé» par des éléments de l’Agence. L’acte est dénoncé dans un communiqué de l’Asadho : «L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, représentation du Katanga, Asadho/Katanga en sigle, dénonce l’enlèvement de l’un de ses membres en la personne de Monsieur Golden Misabiko ce jeudi 02 juin 2005 par trois agents armés de l’Agence nationale de renseignements, ANR/Katanga, en sigle sur ordre de Messieurs Jules Katumbwe et Théo Kiakwima respectivement directeur provincial et directeur adjoint chargé des opérations de ses services.»

Que reproche-t-on à Misabiko ? «Il lui est reproché d’avoir enquêté et fait des déclarations déniant tout fondement aux poursuites menées contre Monsieur André Tshombe et consorts dans le dossier de «la sécession au Katanga», note le communiqué. L’association de relever que depuis que Misabiko est rentré de son exil en Suède, «il fait toujours l’objet de harcèlement et de filature de la part des agents de l’ANR/Katanga.»

Lettre ouverte à Joseph Kabila

Le 20 octobre 2006, Golden prend son courage à deux mains. Il adresse au «raïs» Joseph Kabila une «lettre ouverte» digne d’un réquisitoire. Le courage cohabite allègrement avec la témérité. L’homme reste courtois mais d’une fermeté impitoyable : «A Monsieur Joseph Kabila, président de la République. Je vous écris cette lettre que j’estime très grave pour exprimer l’indignation et la honte que votre personne cause à toute l’humanité en général et au peuple congolais, votre victime en particulier», écrit-il en liminaire. Et d’ajouter : «J’espère que cette lettre grave vous parviendra en main propre pour que vous puissiez vous rendre compte que les Congolais ne sont pas des imbéciles. Cette lettre est l’expression des frustrations des millions de mes compatriotes que vous tuez quand vous voulez ou dont vous crachez dans les bouches quand il vous plaît. Je suis de ceux courageux, qui malgré vos armes, vos poisons et vos intimidations vous adressent cette lettre grave qui vous rappelle ce que vous êtes. Monsieur, vous devez cesser d’être le Président de ce pays et d’en avoir l’ambition de devenir un jour. Je vous le rappelle c’est une honte pour le peuple.»

Golden change le fusil d’épaule. Il élude le mot «président» et déverse aussitôt un tapis de bombes. Il évoque quatre sujets majeurs : l’identité de «Joseph», le massacre des Hutus lors de la guerre dite des «Banyamulenge», l’exécution du commandant Masasu et la disparition de LD Kabila. Les accusations sont graves. «Monsieur Joseph Kabila,, assène-t-il, voici quelques graves vérités sur vous : votre identité est fausse. Vous le savez, et je le sais aussi que les noms que vous portez sont faux. Quelle légèreté et bassesse pour le pays !» «Vous avez participé personnellement dans les crimes contre l’humanité et le génocide du Rwanda, vos mains ont versé le sang et ont été dénaturées vous le savez pertinemment bien. Votre commando redouté a massacré hommes, femmes et enfants dans les camps des réfugiés de Sake, Mugunga, Rutshuru ; vous avez ordonné de creuser des fosses communes et vos victimes y furent jetées.» «A Tingi-Tingi, en présence des organisations humanitaires, vous avez impitoyablement et sans cœur, massacré une population fuyant la guerre, estimée à plus de douze mille âmes qui était entrain d’être soulagée par ces Ong de charité dans des gares de la voie ferroviaire entre Kindu et Kisangani. A Kisangani, vous, en tant que commandant de l’axe, avez massacré plus de 350.000,( trois cent cinquante mille) êtres humains ( ceci est documenté dans les rapports des Nations unies, voir Garreton Roberto). Dans la province de l’Equateur, sous votre commandement, vous avez beaucoup tué. Les corps de vos victimes étaient jetés dans le fleuve ou enterrés dans les fosses communes.»

S’agissant de la mort de Kabila père, Golden accuse l’ancien chef d’état-major des forces terrestres d’en être l’auteur : «C’est vous qui avez tué Laurent Désiré Kabila. Ne croyez pas que les Congolais sont si idiots pour ne pas connaître vos crimes. Vous avez, dans ce processus d’assassinat de LD Kabila, tué le commandant Masasu Nindaga Anselme à Pweto. Vous avez, vous-même, accompagné l’expédition de la mort et vous avez assisté à son exécution et ainsi que celle d’autres infortunés. Cela fut la première étape d’une action qui vous amenait à abattre LD Kabila.» «De retour à Kinshasa, vous avez massacré, des jeunes gens civils ou militaires originaires des Kivu ( Bashi, Bavira, Nande, Rega, Bembe, …)».

Parlant de l’immeuble «GLM», son ancien lieu d’incarcération, Misabiko écrit : «A cet endroit, vous avez gardé, torturé et tué plus de 475 jeunes gens que vous preniez par groupes de 25 pour aller les exécuter à Kibomango ou les jeter dans le fleuve Congo. J’ai subi, j’ai vu et j’ai survécu.»

En guise de conclusion, Golden parle de l’uranium : «Vous vendez de l’uranium en provenance de Shinkolobwe, à l’Iran et à la Corée du Nord. Ce minerai dangereux que vous faites exploiter sans normes expose le monde entier, en général et le Congo en particulier.» Il poursuit : «Les faits criminels ci haut cités sont aggravés par le fait que vous vous droguez chaque jour. En effet, vous prenez la cocaïne par la voie intraveineuse chaque jour, une fois le matin et une fois le soir. Cette pratique non seulement qu’elle rend le Congolais ridicule, pour ceux qui vous connaissent, mais elle met toute la nation en danger de mort. Nous courrons le risque de vous voir un jour, sous l’effet de la cocaïne, tuer les gens à volonté. Il sera trop tard.»

Golden persiste et signe

Dans un entretien avec Congoindependant en date du 21 octobre 2006, Misabiko persiste et signe. Questions : Dans votre lettre ouverte à Joseph Kabila, vous écrivez ce qui suit : «Votre identité est fausse. Vous le savez et le je le sais que les noms que vous portez sont faux ». Quels sont les éléments en votre possession ? «Je persiste et signe : l’homme qui est à la tête de la République démocratique du Congo ne s’appelle pas Joseph Kabila. Son identité est fausse.» Quelle est, selon vous, son identité réelle ? «Son identité réelle est Hyppolite Christopher Kanambe». Certains pourraient objecter que c’est «du déjà entendu» ! Que répondez-vous ? «C’est vrai que tout le monde le dit. Il reste que c’est la vérité. Pour le moment, je n’entre pas dans les détails. Je tiens à ajouter qu’il n’est pas le fils de Laurent-Désiré Kabila.»

Pourquoi, selon vous, la famille biologique de feu Kabila ne dit pas sa part de vérité pour mettre fin à cette controverse ? «Cette famille ne pourra pas clarifier cette situation. Le «Monsieur» qui a usurpé le nom de Kabila est entrain d’utiliser ce patronyme pour garder le pouvoir. La famille biologique de Laurent-Désiré Kabila est entrain de se faire corrompre politiquement du fait que le nom de «Laurent» est faussement pérennisé par «Joseph». Sur le plan économique, cette famille garde le silence pour continuer à jouir de sa part du «butin». Les membres de la famille de LD Kabila jouissent des faveurs pour l’exploitation minière. Le pouvoir leur accorde diverses facilités notamment en argent. La famille de Laurent-Désiré est corrompue par l’homme qui se fait appeler Joseph Kabila.»

Dans votre lettre ouverte, vous écrivez que Joseph Kabila se drogue à la cocaïne par voie intraveineuse. C’est une déclaration grave ! Pouvez-vous le prouver ? «Je suis un fouineur. Je suis un investigateur. Je peux prouver ce que je dis. Toutefois, même devant un peloton d’exécution, je ne révélerai jamais l’identité de ma source. Je peux en revanche vous affirmer qu’il s’agit d’une source digne de foi. Une source sûre. Je répète que Joseph se drogue à la cocaïne chaque matin et soir. A une personne qui l’exhortait à arrêter l’usage de stupéfiants, Joseph lui a répondu qu’il se «shoote» depuis l’âge de douze ans et qu’il ne sait plus se passer de la drogue. La personne en question m’a avoué qu’il a fait l’objet d’un attentat au cours de la même soirée.»

N’avez-vous pas de craintes pour votre propre sécurité ? «Pas du tout. En faisant cette déclaration, je n’ai en tête qu’un seul but : le salut de notre pays et celui de notre peuple. Je ne peux en aucun cas avoir peur de dénoncer la cocaïne que prend un soi-disant président de la RD Congo. C’est une situation qui risque à la longue d’entraîner tout le pays dans un gouffre. Et ce sur le plan tant moral que du bien-être collectif.»

Vous évoquez l’affaire relative au trafic de l’uranium de Shinkolobwe. Avez-vous un complément d’informations ? «Selon les informations en ma possession, Augustin Katumba Mwanke s’est régulièrement rendu à Téhéran en vue de conclure le contrat de vente du minerai d’uranium à l’Iran ainsi qu’à la Corée du Nord. Joseph utilise quelques hommes de son entourage pour ne pas faire apparaître son implication dans ce dossier. Outre Katumba, je peux citer Didier Kazadi Nyembwe, John Kahozi. Sans oublier l’ancien responsable, à Lubumbashi, de l’ANR (Agence nationale de renseignements) qui vient d’être transféré à Kisangani. Il s’appelle Katumbwe Bin Mutindi. Celui-ci a organisé la sortie de l’uranium à partir de Lubumbashi vers l’Iran. Au moment où je vous parle, Katumbwe doit être auditionné à Kinshasa à ce sujet. C’est une affaire vraie.»

Des témoins assurent que Joseph Kabila se trouvait, le 16 janvier 2001, à Lubumbashi. Dans votre lettre, vous l’accusez pourtant d’avoir «tué» Laurent-Désiré. «Joseph avait quitté Kinshasa un jour avant l’annonce de la mort de Laurent-Désiré Kabila. Avant de quitter la capitale, il avait ordonné le désarmement des soldats notamment du camp Ceta et Kokolo de peur que les militaires de ces garnisons réagissent à l’annonce du décès de «Laurent». Au palais de marbre, tous les éléments de la garde rapprochée ont également été désarmés. Après avoir planifié l’heure à laquelle Laurent-Désiré devait être abattu, Joseph a pris son avion pour aller à Lubumbashi. C’est lui qui a coordonné l’assassinat à partir de Lubumbashi. Je voudrais ajouter que le 15 janvier 2001, Sifa Mahanya se trouvait en détention à la prison de Makala. C’est Joseph qui l’a fait extraire ce même jour. En contrepartie, Sifa a accepté de jouer le jeu en se présentant comme la maman du nouveau président.»

Vous imputez également à Joseph Kabila l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga ! «En organisant l’exécution de Masasu à Pweto en compagnie de John Numbi et de Charles Alamba, Joseph voulait provoquer une sorte de psychose à Kinshasa. Je peux vous affirmer que c’est John Numbi qui avait abattu Masasu. Alamba est venu l’achever. Dès ce moment, Joseph a fait répandre des bruits selon lesquels les jeunes soldats venus du Kivu ne voulaient plus de Laurent-Désiré Kabila après la mort de Masasu. Joseph ne cessait de dire à qui voulait l’entendre que les soldats originaires du Kivu préparaient un complot visant à assassiner LD Kabila. (…). Durant la journée du 16 janvier 2001, Joseph était accroché aux nouvelles de Kinshasa jusqu’au moment où un correspondant l’a assuré que «le baobab est tombé». C’est ainsi qu’il a pris un aéronef pour rejoindre Kinshasa dans la soirée. Ce n’était nullement pour participer au deuil. Le corps de Laurent-Désiré a été emmené à Harare, via Lubumbashi, afin d’ouvrir le coffre du disparu - grâce à ses empreintes - dans la capitale zimbabwéenne. Voilà pourquoi je dis que Joseph a tué Laurent-Désiré Kabila. Je sais que celui-ci n’était pas un saint homme. Il reste qu’aucun crime ne peut rester impuni. En tant que défenseur des droits de l’homme, je ne peux que dénoncer et condamner ce genre d’actes.»

Qui est finalement l’homme qui s’appelle Joseph Kabila? «Joseph est un citoyen rwandais. Avant d’arriver au Congo, il a évolué au sein de l’armée patriotique rwandaise sous les ordres du général Paul Kagame. Lorsque les Hutus ont fui le Rwanda pour se réfugier dans les provinces du Kivu, le nouvel homme fort de Kigali se sentait en insécurité. Joseph fait partie des soldats qui ont été chargés, fin 1996, par Kagame, d’«éloigner» les Hutus le plus loin possible des frontières du Rwanda. Hyppo Kanambe et James Kabarebe conduisaient cette opération. Dès que Laurent-Désiré a été assassiné, le régime de Kigali a retrouvé sa quiétude. Kagame était aux anges quand Joseph est arrivé au pouvoir. D’ailleurs, le RCD-Goma a trouvé son compte en trouvant sa place dans les institutions gouvernantes du pays. J’ai aujourd’hui la conviction que l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) a bénéficié du soutien de certaines multinationales pour chasser Mobutu du pouvoir. Les mêmes multinationales soutiennent aujourd’hui Joseph. Il suffit de voir la tolérance de la communauté internationale à l’égard du chef d’Etat sortant.» (L’interview a été réalisée avant le second tour de l’élection présidentielle de 2006, Ndlr).

Tout ceci n’explique pas les raisons ayant poussé Laurent-Désiré à présenter Joseph comme étant son fils. «Beaucoup de gens allèguent effectivement que Laurent-Désiré l’avait présenté comme son fils. Je n’ai souvenance d’une quelconque présentation officielle dans ce sens.»

Comment expliquez-vous le fait que l’actuel président se nommait Joseph Kabila du vivant de Laurent-Désiré ? «C’est à l’étape de Kisangani, en mars 1997, qu’il avait adopté l’identité de Joseph Kabila. C’était un subterfuge pour le faire accepter par la population. C’est Eddy Kapend qui avait proposé qu’il prenne cette identité. Au moment où il atteint Kisangani, tout le monde désignait Joseph sous l’appellation de «commandant Hyppo». A Lubumbashi, le bruit s’est répandu qu’il y a un certain Joseph Kabila parmi les soldats. Je tiens à vous dire que Joseph connaissait Laurent-Désiré. Celui-ci n’a jamais fait faire un acte juridique reconnaissant Hyppolite Kanambe comme son fils. Des journalistes disent qu’ils n’ont jamais entendu Laurent-Désiré désigné Joseph sous les termes «mon fils». Je peux vous dire également que Joseph n’a jamais dit «mon père» pour désigner LD Kabila. J’ai des témoins qui ont surpris un jour Joseph, parlant de Laurent-Désiré de son vivant, dire en swahili : «Ule muntu iko n’akili ?». Traduction : cet individu est-il vraiment intelligent ?

Vous affirmez avoir été témoin de l’élimination physique de plusieurs centaines de soldats originaires du Kivu. «Après avoir dénoncé l’exécution de Masasu, j’ai été arrêté et «enlevé» de Lubumbashi avant d’être transféré au «GLM» à Kinshasa. J’ai été le témoin malheureux des «disparitions». Chaque jour aux environs de minuit, des militaires venaient prendre une trentaine de jeunes militaires détenus qui partaient pour ne plus revenir. J’ai pu obtenir des témoignages dans les cellules où ils étaient. Certains ont été tués dans les couloirs du GLM. On leur passait un sac à la tête jusqu’à la taille avant de leur tordre le cou à un angle de 100 degrés…»

Clandestinité

La lettre ouverte destinée au "raïs" a provoqué le plus grand courroux dans la "Kabilie". Les agents de l’ANR sont lancés aux trouses de Golden. Celui-ci n’a pas d’autre choix que d’entrer en clandestinité. Une situation devenue coutumière pour les journalistes et les défenseurs des droits humains en RD Congo. Coup de théâtre : le 21 juillet 2007, Misabiko est élu président de l’Asadho/Katanga. Il déclare : «J’entends placer mon mandat au service de l’intérêt général, de la lutte pour la promotion de la dignité de l’homme congolais, de l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance. L’Asadho Katanga se veut un espace d’écoute des véritables attentes de la population. En ma qualité de président provincial, je n’hésiterais pas à stigmatiser, le cas échéant, les dysfonctionnements qui affectent la vie socio-politique au Katanga».

Les organisations de défense des droits humains basées au Katanga exigent la libération pure et simple de Golden Misabiko. Elles redoutent sans doute que les antécédents énumérés ci-haut privent leur camarade du bénéfice d’un procès serein, juste et équitable. A tort ?

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2009

 

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=4744



04/08/2009
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