Le Blog de Sacrebopol

LE DINDON DE LA FARCE

Le gouvernement pris à son propre piège - « Qui trop embrasse mal étreint », rappelle un vieil adage. Le Gouvernement vit des moments difficiles en rapport avec le contrat qui le lie à la firme britannique, Soco International, pour l'exploration du bloc 5, situé en plein coeur du parc des Virunga.

Or, à ce jour, le parc est classé patrimoine mondial de l'humanité. Donc, inviolable sur le plan du droit. Après le passage de la directrice générale de l'Unesco, le gouvernement s'est rétracté, interdisant la firme britannique de continuer l'exploration. De son côté, Soco International a promis, par tous les moyens, de faire valoir ses droits. Un dilemme pour Kinshasa.

Comme si l'expérience de la revisitation des contrats et conventions minières menées entre 2007 et 2009 par une commission ad hoc n'avait servi à rien, le gouvernement vient de se rendre une fois de plus coupable d'un acte d'amateurisme dans la gestion de la chose publique.

On se rappelle qu'en juin 2010, le gouvernement avait, par voie d'une ordonnance signée par le président de la République, attribué à la firme britannique Soco International le droit de mener les activités d'exploration sur le bloc 5 du Rift Albertine Est. Or, le bloc en question, estimé à quelque 800 km', se situe en plein coeur du parc des Virunga, que l'Unesco gère pour la communauté internationale comme patrimoine mondial de l'humanité.

La nouvelle a suscité un tollé général jusqu'à amener l'Unesco à déléguer tout récemment à Kinshasa sa directrice générale, Irina Bukova, pour parler de vive voix avec le gouvernement.

Apparemment, le rappel à l'ordre de l'Unesco semble avoir été bien compris par le gouvernement. Car, de sources proches du dossier tel que le rapporte, par ailleurs, Africa Energy Intelligence, Kinshasa a intimé l'ordre à Soco International d'arrêter toute activité d'exploration sur le bloc 5.

Aussi, s'étant vu refuser le droit de forer dans le parc national des Virunga, classé patrimoine mondial de l'humanité, Soco a-t-elle promis d'user de toutes les voies de recours pour recouvrer ses droits. Surtout qu'ils ont été, selon elle, acquis en bonne et due forme auprès des autorités congolaises - l'ordonnance présidentielle du 18 juin 2010 en faisant foi.

LE DINDON DE LA FARCE

Une fois de plus, c'est la RDC qui va payer le lourd tribut de la légèreté avec laquelle le dossier Soco International a été traité au niveau du gouvernement. N'y avait-il pas, au sein de l'Exécutif national, des experts dignes de ce nom pour tirer la sonnette d'alarme sur la grave erreur que se préparait à commettre le gouvernement ? Ou, comme c'est le cas, malheureusement dans la plupart des dossiers « sales », l'on a dû fermer les yeux et ne prendre en compte que les juteuses commissions ou pas-de-porte proposés par la firme britannique.

La revisitation des contrats et conventions minières n'aura donc servi à rien. Aucune leçon n'a été tirée de la soixantaine de contrats et conventions revisitées. Car, juste après que le processus ait été bouclé, le gouvernement est revenu sur les mêmes égarements, en signant des contrats à l'emporte-pièce dans le secteur des ressources naturelles. C'est le cas de celui qui le lie aujourd'hui à Soco International, portant sur un espace protégé par l'ensemble de la communauté internationale, via l'Unesco. Où étaient donc passés tous ces pseudo-experts qui défilent au fil des jours dans les couloirs des cabinets ministériels ? N'ont-ils vu venir le danger ?

Voilà le gouvernement qui se trouve totalement pris au piège de ses propres turpitudes. Juste, par le fait de l'appât de gain.

A noter que le site d'exploitation pétrolière querellé couvre une superficie d'environ 8 mille km', allant de Rumangabo, en territoire de Rutshuru jusqu'à Kasindi port au Nord en territoire de Beni, en longeant le lac Edouard au coeur du parc national des Virunga. L'ordonnance présidentielle accordant l'exploration et la production du pétrole dans le bloc 5 du rift albertin Est de la RDC à l'entreprise Soco International avait été signée par le chef de l'Etat en juin 2010.

Les partenaires associés à ce projet sont, en effet, Soco International à travers sa branche Exploration et Production (65%), la Congolaise des hydrocarbures (15%), pour la partie congolaise, et un autre partenaire, non autrement identifié, Inpex (20%).

Le Potentiel/10/02/2011

http://www.afriquejet.com/afrique-centrale/rd-congo/rd-congo:-petrole-du-parc-des-virunga-201102111173.html



11/02/2011
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