Le Blog de Sacrebopol

OBASANJO RENCONTRE NKUNDA

Publié le 16/11/2008 à 09:45, mis à jour à 11:06

Obasanjo rencontre Nkunda, combats dans l'est de la RDC

L'émissaire des Nations unies, le Nigérian Olusegun Obasanjo,

a rencontré dimanche le général rebelle Laurent Nkunda dans

l'est de la République démocratique du Congo (RDC), peu après

la reprise de violents combats dans la région.

Obasanjo rencontre Nkunda, combats dans l'est de la RDC

L'émissaire des Nations unies, l'ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo (à gauche), a rencontré dimanche le général rebelle Laurent Nkunda (au centre) dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), peu après la reprise de violents combats dans la région. (Reuters/Finbarr O'Reilly)

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Les deux hommes se sont retrouvés à Jomba, non loin de la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda, au pied des montagnes de la Virunga.
Obasanjo, ancien président du Nigeria, tente de mettre fin aux affrontements entre les rebelles tutsis et l'armée congolaise qui ont forcé 250.000 personnes à fuir leurs foyers et entraîné un désastre humanitaire.
Escorté par des casques bleus indiens, l'envoyé de l'Onu, nommé récemment par le secrétaire général Ban Ki-moon, est arrivé en hélicoptère à Jomba. A sa descente de l'appareil, il a donné l'accolade à Nkunda avant de passer en revue une garde d'honneur de Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le mouvement du général rebelle.
"Pour eux, ce serait mieux qu'ils fassent partie de l'armée nationale, au lieu d'être appelés rebelles... C'est ce que nous allons essayer de faire", a dit Obasanjo.
Mais les combats se sont poursuivis dans la région. Dans le secteur de Ndeko, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Jomba, des tirs d'artillerie et d'armes automatiques ont retenti dans la matinée.
"Il y a d'intenses combats en cours, à l'arme lourde - roquettes et artillerie - et aussi avec des armes de petit calibre", a déclaré à Reuters un témoin qui se trouve juste au sud de Ndeko.
La Monuc, la mission de paix de l'Onu dans la région, a confirmé que de violents combats avaient éclaté en début de matinée à Ndeko. "Nous avons envoyé une patrouille voir ce qui se passe", a dit le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole de la Monuc.
 
UNE CONSÉQUENCE DU CONFLIT RWANDAIS
 
On ignore quels sont exactement les protagonistes de ces nouveaux affrontements. Ces dernières semaines, les hommes de Nkunda ont affronté à la fois l'armée congolaise et les rebelles rwandais hutus du FDLR.
Samedi, au lendemain d'une rencontre avec le président congolais Joseph Kabila, Obasanjo a déclaré que ses efforts pour mettre fin au conflit se déroulaient assez bien et que Kabila n'avait fixé aucune condition pour discuter avec les rebelles.
Vendredi, l'ancien président nigérian avait aussi rencontré à Luanda le président angolais José Eduardo dos Santos.
A la recherche d'une solution durable au conflit du Nord-Kivu, qui fait rage depuis août, Obasanjo dit avoir reçu à Luanda l'assurance qu'aucun soldat angolais ne combattait aux côtés de l'armée de la RDC, comme la rumeur en a couru.
Le conflit trouve son origine dans le génocide de Tutsis, en 1994 au Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de soutenir Nkunda. Ce dernier affirme défendre les Tutsis congolais contre les attaques de rebelles hutus du FDLR (Front démocratique de libération du Rwanda) qui, selon lui, appuient les forces gouvernementales congolaises.
 
Nkunda s'est emparé en octobre d'une partie de la région de Rutshuru et a progressé jusqu'aux portes de Goma avant de proclamer un cessez-le-feu. Mais des accrochages sporadiques se sont poursuivis.
Nkunda réclame des discussions directes avec le président Kabila, faute de quoi il affirme qu'il marchera sur Kinshasa.
Le Congo et le Rwanda ont annoncé samedi qu'ils élaboreraient ensemble des plans militaires contre les rebelles hutus de l'est du Congo et que Kigali enverrait des agents de renseignement pour épauler les forces congolaises.
 
La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, a néanmoins assuré qu'il n'y aurait aucun soldat rwandais en territoire congolais.
Après de précédents accords restés sans lendemain, beaucoup d'observateurs sont sceptiques. Pris au milieu des combats qui se déroulent sur un immense territoire, les 17.000 casques bleus de la Monuc sont accusés de ne pas protéger les civils.
Après des semaines de demandes de renforts, un diplomate à Kinshasa a déclaré que la France préparait au Conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution autorisant l'envoi de 3.000 militaires en renfort.
 
Version française Guy Kerivel
 
http://www.lexpress.fr/actualites/2/obasanjo-rencontre-nkunda-combats-dans-l-est-de-la-rdc_81807.html


 

Les rebelles de Laurent Nkunda bloquent la route au nord de Goma

AP | 13.11.2008 | 06:31

Une vision d'horreur. Les rebelles de Laurent Nkunda bloquaient jeudi la route qui mène aux territoires qu'ils occupent, après les violents combats qui se sont déroulés dans la nuit au nord de Goma, avec en guise de barrage de fortune, deux cadavres de soldats du gouvernement congolais.

Les rebelles occupaient l'une des deux artères qui part de la capitale de la province congolaise du Nord-Kivu vers le nord et cherchent ainsi à impressionner les soldats de l'armée régulière du Congo-Kinshasa, ainsi que la population.

"Nous n'en voulons pas plus", a expliqué John Biamungu, 18 ans, qui poussait son vélo en bois le long du barrage. "Voilà ce qui arrive lorsque l'armée attaque", a déclaré un rebelle présent sur le barrage, sous couvert d'anonymat.

"Lorsqu'on nous demande d'attaquer, on le fait. Cela n'a que trop duré", a dit Alex Kazadi, un capitaine de l'armée congolaise. Interrogé pour savoir si les troupes gouvernementales ne seraient pas désorganisées et trop vulnérables face aux attaques des rebelles, l'officier a répondu qu'il est "normal de perdre des hommes dans une guerre".

"Nous nous efforçons de les séparer. Ils doivent faire preuve de responsabilité", a affirmé le porte-parole de la force de maintien de la paix de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), le colonel Jean-Paul Dietrich, exhortant les deux parties à faire preuve de retenue.

A quelques kilomètres de là, plus au sud, à Kibati, des milliers de personnes faisaient la queue devant les camions du Comité international de la Croix-rouge (CICR) pour obtenir des trousses de survie contenant des seaux, des couvertures, du savon, des récipients et des ustensiles de cuisine, témoignait Abdallah Togola, du CICR.

"Toutes les écoles et églises sont pleines", les capacités d'accueil des réfugiés sont saturées et chaque habitant de la région héberge déjà environ six personnes, a également précisé Abdallah Togola.

Mercredi, le vice-ministre angolais des Affaires étrangères, Georges Chicoty, a annoncé que son pays envoyait des troupes dans l'est du Congo-Kinshasa, réveillant la crainte d'une nouvelle guerre régionale pour les richesses des deux Kivu, où l'armée régulière congolaise se livre à des pillages.

Il n'a pas dit ses soldats agiraient au sein d'une force de maintien de la paix ou s'ils soutiendraient le gouvernement congolais dans sa lutte contre les rebelles de l'ancien général Laurent Nkunda.

La participation des troupes angolaises pourraient pousser le Rwanda à faire de même, alors que le Rwanda est déjà accusé de soutenir les hommes de Laurent Nkunda.

 AP

 



16/11/2008
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