Le Blog de Sacrebopol

Un ambassadeur français donne l'alerte sur la situation des droits de l'homme

François Zimeray est ambassadeur français pour les droits de l'homme. Il revient d'une visite en République démocratique du Congo où il a été confronté à des “moments extrêmement forts”. Récit d'une visite “bouleversante” et alarmante.

L'ambassadeur français pour les droits de l'homme François Zimeray a qualifié samedi 18 décembre de « naufrage » la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC) où il a effectué une visite « bouleversante ».

« Je dois à l'amitié (avec la RDC) et à l'honnêteté de dire les choses vraies, crues, et ce voyage était bouleversant », a-t-il déclaré à l'AFP à Kinshasa à l'issue d'un séjour d'une semaine dans le pays.

« Il y a eu des moments extrêmement forts qui me donnent le sentiment d'une situation de naufrage s'agissant des droits de l'homme » en RDC, a estimé l'ambassadeur.

 

La menace Ntaganda

À Goma (est), il a relevé le cas des défenseurs de droits humains « menacés et vivant de façon extrêmement dure et douloureuse la présence » dans la ville du général de l'armée congolaise Bosco Ntaganda, « c'est à dire la présence notoire d'un homme poursuivi par la CPI alors que l'on a que le mot de lutte contre l'impunité à la bouche ici ». Ex-chef d'une rébellion congolaise ralliée à Kinshasa début 2009, Ntaganda est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre commis quand il était dans une milice en 2002-2003.

« J'ai vu à Goma une prison de 140 places où survivaient, dans des conditions d'hygiène et de promiscuité épouvantables, 1 046 détenus » qui « n'avaient à manger qu'un gobelet de haricots une fois par jour la semaine, et rien le samedi et le dimanche », a raconté François Zimeray.

« J'ai vu le sort de femmes victimes de violences sexuelles et l'absence totale de leur prise en charge par des institutions autres que relevant de la communauté internationale », a-t-il ajouté.

L'ambassadeur a dénoncé « ce phénomène des enfants 'sorciers' qui jette à la rue une grande partie des enfants de ce pays, et qui est particulièrement choquant ».

 

“Les solutions viendront du gouvernement”

Le ministre congolais de la Justice et des droits humains Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi « n'a pas nié les difficultés » et « a demandé plus de soutien de la communuauté internationale », selon M. Zimeray.

« Je lui ai dit que le soutien de la France était acquis, mais qu'il n'y avait aucune raison d'accepter que nous pallions les carences de l'État congolais, et que les solutions viendront, si elles viennent, du gouvernement de ce pays », a-t-il affirmé.

 

John Numbi doit faire face à la justice

L'ambassadeur français pour les droits de l'homme a rencontré samedi matin la femme de Fidèle Bazana, le chauffeur du militant des droits de l'homme assassiné début juin à Kinshasa, Floribert Chebeya. M. Bazana a disparu depuis, on corps n'a jamais été retrouvé et ses proches affirment qu'il a aussi été assassiné. « L'incertitude dans laquelle (Mme Bazana) est quant au sort de son mari est incompréhensible et inacceptable », a déclaré M. Zimeray.

« Nous sommes extrêmement attentifs au déroulement » du procès des policiers assassins présumés de M. Chebeya qui se tient actuellement à Kinshasa, a ajouté l'ambassadeur.

« C'est trop tôt pour parler d'un déni de justice. On ne peut pas faire croire à la lutte contre l'impunité tant que le général John Numbi ne sera pas devant ses juges », a-t-il estimé au sujet du chef de la police congolaise, suspendu depuis juin dans le cadre de cette affaire et qui n'est pas jugé comme le réclame la famille Chebeya qui l'a toujours qualifié de « suspect numéro Un ».

 

//www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20101219164624/cpi-justice-rebellion-droits-de-l-hommeun-ambassadeur-francais-donne-l-alerte-sur-la-situation-des-droits-de-l-homme.html

 

François Zimeray, ambassadeur Français pour les droits de l’Homme parle de “naufrage” la situation des droits de l’Homme en République démocratique du Congo !

Par Freddy Mulongo, samedi 18 décembre 2010 à 19:06

 

L’ambassadeur français pour les droits de l’Homme François Zimeray a qualifié samedi de “naufrage” la situation des droits de l’Homme en République démocratique du Congo (RDC) où il a effectué une visite “bouleversante”.

“Je dois à l’amitié (avec la RDC) et à l’honnêteté de dire les choses vraies, crues, et ce voyage était bouleversant”, a-t-il déclaré à l’AFP à Kinshasa à l’issue d’un séjour d’une semaine dans le pays.“Il y a eu des moments extrêmement forts qui me donnent le sentiment d’une situation de naufrage s’agissant des droits de l’Homme” en RDC, a estimé l’ambassadeur.

François Zimeray, ambassadeur Français pour les droits de l’Homme.

A Goma (est), il a relevé le cas des défenseurs de droits humains “menacés et vivant de façon extrêmement dure et douloureuse la présence” dans la ville du général de l’armée congolaise Bosco Ntaganda, “c’est à dire la présence notoire d’un homme poursuivi par la CPI alors que l’on a que le mot de lutte contre l’impunité à la bouche ici”. Ex-chef d’une rébellion congolaise ralliée à Kinshasa début 2009, Ntaganda est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre commis quand il était dans une milice en 2002-2003.

“J’ai vu à Goma une prison de 140 places où survivaient, dans des conditions d’hygiène et de promiscuité épouvantables, 1.046 détenus” qui “n’avaient à manger qu’un gobelet de haricots une fois par jour la semaine, et rien le samedi et le dimanche”, a raconté François Zimeray.

“J’ai vu le sort de femmes victimes de violences sexuelles et l’absence totale de leur prise en charge par des institutions autres que relevant de la communauté internationale”, a-t-il ajouté.

L’ambassadeur a dénoncé “ce phénomène des enfants +sorciers+ qui jette à la rue une grande partie des enfants de ce pays, et qui est particulièrement choquant”.

Le ministre congolais de la Justice et des droits humains Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi “n’a pas nié les difficultés” et “a demandé plus de soutien de la communauté internationale”, selon M. Zimeray. “Je lui ai dit que le soutien de la France était acquis, mais qu’il n’y avait aucune raison d’accepter que nous pallions les carences de l’Etat congolais, et que les solutions viendront, si elles viennent, du gouvernement de ce pays”, a-t-il affirmé.

L’ambassadeur français pour les droits de l’Homme a rencontré samedi matin la femme de Fidèle Bazana, le chauffeur du militant des droits de l’Homme assassiné début juin à Kinshasa, Floribert Chebeya. M. Bazana a disparu depuis, on corps n’a jamais été retrouvé et ses proches affirment qu’il a aussi été assassiné.

“L’incertitude dans laquelle (Mme Bazana) est quant au sort de son mari est incompréhensible et inacceptable”, a déclaré M. Zimeray.

“Nous sommes extrêmement attentifs au déroulement” du procès des policiers assassins présumés de M. Chebeya qui se tient actuellement à Kinshasa, a ajouté l’ambassadeur.

 

“C’est trop tôt pour parler d’un déni de justice. On ne peut pas faire croire à la lutte contre l’impunité tant que le général John Numbi ne sera pas devant ses juges”, a-t-il estimé au sujet du chef de la police congolaise, suspendu depuis juin dans le cadre de cette affaire et qui n’est pas jugé comme le réclame la famille Chebeya qui l’a toujours qualifié de “suspect numéro Un”.

 

 

 

Des larmes de crocodile

 

Ambassadeur français pour les droits de l’Homme, François Zimeray vient d’effectuer un périple en RD Congo particulièrement dans les provinces du Kivu. Ancien avocat et député européen, ce diplomate, placé sous l’autorité du Premier ministre français, a pour mission de «conseiller» le gouvernement hexagonal en matière des droits humains.

De passage à Goma, Zimeray dit avoir effectué un «voyage bouleversant» qui le pousse à parler de «naufrage des droits de l’Homme» en RD Congo. Outre les prisons bondées où des condamnés à mort côtoient des enfants mineurs, l’émissaire français se dit choqué par l’impunité dont bénéficient les «prédateurs» des droits et libertés. C’est le cas notamment du «général» Bosco Ntaganda qui jouit de la liberté la plus totale dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Alors que les défenseurs des droits humains, eux, sont terrorisés.

Ces déclarations faites samedi 18 décembre par l’ambassadeur Zimeray surprennent. La France de Nicolas Sarkozy vient-elle de découvrir ce que les Congolais et la terre entière savent depuis plus d’une décennie? De deux choses l’une : soit ce diplomate sort d’une autre planète et est donc sous-informé ; soit, il est de mauvaise foi. Dans ce dernier cas de figure, l’homme fait couler quelques larmes de crocodile pour se donner bonne conscience. Etat membre du Conseil de sécurité des Nations Unies et disposant d’une importante représentation diplomatique à Kinshasa, le “pays des droits de l’Homme” peut-il ignorer l’état désastreux des libertés fondamentales au Congo dit démocratique? Etat membre du Conseil de sécurité, la France peut-elle ignorer également que - par la volonté de “Kabila” et de son homologue rwandais Paul Kagamé - Bosco Ntaganda continue à humer l’air frais à Goma en dépit du mandat d’arrêt international lui décerné par la CPI (Cour pénale internationale)? Allons donc!

En juillet 2009, en collaboration avec des organisations de la société civile congolaise, la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme) avait publié son excellent rapport intitulé «RD Congo : La dérive autoritaire du régime». Les rédacteurs dénonçaient avec force détails notamment : l’existence d’une police politique (Demiap, ANR, PIR, Garde républicaine, DRGS…) dotée des «pleins pouvoirs», le recours systématique à la torture, la répression systématique des défenseurs des droits humains, l’existence des cachots hors de tout contrôle judiciaire, les exécutions extrajudiciaires, les interférences de la hiérarchie militaire sur les juges militaires etc. Quel est l’Etat occidental qui n’a pas pris connaissance de ce document? Aucun.

Les Etats n’ayant que des intérêts, le respect des droits de l’Homme dans l’ex-Zaïre n’est plus une “priorité” pour l’Occident en général et des pays comme la Belgique, la France, les Etats-Unis d’Amérique et la Grande Bretagne en particulier. Le “chaos congolais” n’empêche nullement les industries de pointe de ces nations de trouver le sommeil du “juste”. Bien au contraire. L’approvisionnement en matières premières en provenance du Congo continue. On ne peut que comprendre que les gouvernements de ces pays, jadis tatillons sur les droits et libertés, privilégient désormais la «stabilisation». Derrière ce vocable se cache une réalité : le “business”. Le respect des droits de l’Homme n’est plus de saison.

Au début des années 90, le Zaïre de Mobutu a été «puni», disait-on, suite à des «graves violations» des droits de l’Homme et de l’obstruction faite au processus démocratique. Le pays écopa d’une rupture en cascade de la coopération avec les “pays amis” occidentaux. La situation est-elle devenue plus engageante? Pourquoi ce silence complaisant voire complice du monde occidental à l’égard du régime de «Joseph Kabila» qui, par deux fois, en 2007 et 2008, a commis des graves atrocités notamment dans la province du Bas-Congo? Pourquoi ce silence après l’assassinat des journalistes et des défenseurs des droits humains? Que dire de la mort d’un citoyen congolais dans un cachot tenu par des éléments de la garde présidentielle?

Signe des temps. La tonalité des questions posées à «Joseph Kabila» dans une récente interview parue dans le quotidien «Le Soir» - édition datée du 7 décembre 2010 – trahit autant la volonté de ménager un satrape africain - ami? - que la duplicité du monde médiatique occidental. Question : «Cette année, la mort de Floribert Chebeya a secoué l’opinion. Qu’avez-vous ressenti?». Dans sa réponse, «Kabila» attribue la mort de Chebeya à «un accident» cardiaque. Connue pour son sens de la repartie face à d’autres acteurs politiques, la journaliste Colette Braeckman qui menait l’interview n’a pas osé “rebondir” sur le sort du chauffeur Fidèle Bazana, disparu depuis l’«accident» de son chef, alors qu’il attendait sagement dans la voiture. Question : «Cependant, Chebeya se montrait très critique à votre égard…» Réponse : Oui, il était critique, mais il ne faisait que son travail… Question : «Cette mort a effrayé les autres défenseurs des droits de l’Homme… » Réponse : Ils ne doivent pas avoir peur. J’ai toujours dit aux défenseurs des droits de l’Homme que j’étais leur premier allié. Je serai toujours là pour les défendre. Question : «Les journalistes aussi ont peur, certains d’entre eux ont été assassinés…» Réponse : Ils ne doivent pas avoir peur. On a besoin d’eux pour qu’ils dénoncent ce qui ne va pas, et ce que nous ne savons peut-être pas, ni moi, ni mes services de renseignements, ce que peut-être on nous cache…Il est bon de révéler les choses, mais il faut avoir les éléments et pas se baser sur des rumeurs. Quel bel exemple de “prévenance”?

C’est assez symptomatique de voir l’Occident – la presse et le monde politique - qui avait fait grand bruit lors de la dénonciation d’un «faux massacre» d’étudiants de l’université de Lubumbashi en 1990, se taire face à des vrais massacres qui ont été commis en 2007 et 2008 dans la province du Bas-Congo. Et que le rapport établi par des experts onusiens sur cette double sanglante répression a été étouffé par l’ancien représentant du secrétaire général des Nations Unies au Congo, l’Américain William Lacy Swing. Pour préserver quel intérêt?

La France peut-elle ignorer les graves violations des droits humains auquel se livrent au quotidien “Joseph Kabila” et ses sicaires? Assurément pas! Pourquoi l’ambassadeur Zimeray fait-il mine de découvrir seulement maintenant ce “naufrage des droits de l’Homme” laissant ainsi couler des larmes de crocodile?

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2010

//www.congoindependant.com/article.php?articleid=6198

 

Kinshasa dénonce les propos de l'ambassadeur français aux droits de l'homme

Kinshasa dénonce les propos de l'ambassadeur français aux droits de l'homme

Kinshasa dénonce les propos de l'ambassadeur français aux droits de l'homme © AFP

Le porte-parole du gouvernement congolais a dénoncé mercredi les “allégations” de l'ambassadeur de la France pour les droits de l'homme, François Zimeray, qui a qualifié samedi à Kinshasa de “naufrage” la situation des droits de l'homme en RD Congo.

“Par ignorance ou conformisme, (M. Zimeray) rend effectivement la RDC coupable de crimes dont elle est en réalité la victime”, a réagi Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, lors d'un point presse à Kinshasa.

M. Zimeray “méconnaît que l'aggravation de la situation des droits de l'homme est due à l'action inconsidérée de pays occidentaux et notamment la France, qui contraignirent en 1994 (après le génocide au Rwanda) les autorités congolaises à ouvrir leurs frontières aux forces négatives rwandaises qui sont à la base de ces atrocités”, a déclaré M. Mende.

Le porte-parole faisait référence à la présence dans l'est de la RDC de rebelles hutu rwandais ayant participé au génocide des Tutsi et qui ont fui en RD Congo après la prise du pouvoir au Rwanda par le Front patriotique rwandais de Paul Kagame. Les rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont accusés de commettre de nombreuses exactions contre les populations civiles en RD Congo.

M. Zimeray avait évoqué samedi son “voyage bouleversant” de deux semaines à Kinshasa et dans l'est de la RDC, à Goma notamment, où il avait visité une prison, rencontré des femmes victimes de violences sexuelles et des défenseurs des droits de l'homme. “Il y a eu des moments extrêmement forts qui me donnent le sentiment d'une situation de naufrage s'agissant des droits de l'homme”, avait déclaré l'ambassadeur.

Selon l'ambassadeur français, le ministre congolais de la Justice et des droits humains Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi n'avait “pas nié les difficultés” et avait “demandé plus de soutien de la communauté internationale”.

M. Zimeray lui avait répondu “que le soutien de la France était acquis mais qu'il n'y avait aucune raison d'accepter” de pallier “les carences de l'Etat congolais”.

“Demander à un Etat, responsable de la descente aux enfers du Congo, d'y pallier n'est que justice et la réponse de l'ambassadeur Zimeray (. . . ) est un monument de cynisme”, a commenté le porte-parole du gouvernement.

 

 

//lejalonducongo.unblog.fr/2010/12/22/un-ambassadeur-francais-donne-lalerte-sur-la-situation-des-droits-de-lhomme/



23/12/2010
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