Le Blog de Sacrebopol

Et si la Monuc se retirait

Et si la Monuc se retirait…

 

Des véhicules blindés de la Monuc. Photo Monuc.org

Dans le contexte actuel, le départ des troupes onusiennes pourrait être catastrophique pour le pays, la population civile risque d’en payer un grand prix. La récente situation à Mbandaka en est une illustration.

Lubumbashi. Correspondance particulière.

Au cours de la journée du 4 avril 2010, l’attention de beaucoup de Congolais était focalisée sur ce qui se passait à Mbandaka, depuis que Radio Okapi a annoncé dans l’une de ses éditions la prise de l’aéroport de cette ville par ceux qui sont officiellement présentés comme les «combattants Enyele».

On pourrait dire que la situation dans le chef-lieu de l’Equateur avait même volé la vedette aux matches retour de Champions League africaine que livraient ce dimanche pascal deux équipes congolaises, le TP Mazembe et le FC Lupopo.

La radio onusienne est revenue à la charge, dans son édition de 18 h, heure de Kinshasa, soit 17 h GMT, pour annoncer la reprise de l’aéroport de Mbandaka par les FARDC avec l’appui des troupes onusiennes dont «Joseph Kabila» et son entourage exige le départ définitif du pays d’ici à juin 2011.

Pour la petite histoire, depuis un certain temps, la province de l’Equateur à l’instar de bon nombre de coins du pays (Dungu dans la province Orientale, Malemba-Nkulu dans le Nord Katanga, des localités du Maniema, du Nord Kivu et du Sud Kivu contrôlées par les FDLR et d’autres groupes armés) est devenue une zone à forte turbulence. L’ordre y est rétabli et maintenu grâce à l’appui de la MONUC. C’est un euphémisme !

Des analystes avertis affirment que ce sont les troupes onusiennes qui y jouent le rôle dévolu aux FARDC. Et dire qu’elles doivent plier bagages, selon le vœu pressant du gouvernement ! Mais que cache cette attitude on ne peut plus suspecte du gouvernement congolais ? La communauté internationale suivra-t-elle les caprices de ceux qui sont plus chauvins que patriotes? Si aujourd’hui, le régime de Kinshasa tient grâce à la MONUC, qu’en sera-t-il après son départ ? Ne risquons-nous pas de rentrer à la case de départ? Le temps nous le dira certainement.

La récente situation de l’Equateur, précisément l’attaque de la ville de Mbandaka par un groupe armé nous pousse à faire une projection sur ce que peut être la RD Congo au lendemain du départ définitif des troupes onusiennes. La radicalisation du régime en place, la détérioration très accentuée de la situation des droits de l’Homme, la traque des opposants, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et de toutes les «voix discordantes», la confiscation des libertés publiques risquent de devenir le lot quotidien des Congolais. L’absence d’une armée digne de ce nom et les frustrations de la population peuvent susciter la résurgence des mouvements armés.

Il est vrai que la RD Congo est un Etat souverain et indépendant depuis bientôt 50 ans mais les gouvernants doivent cesser de prendre leurs pensées pour la vérité absolue, car patriotisme rime avec réalisme. Si les autorités congolaises ne prennent pas toutes leurs dispositions, le départ des troupes onusiennes risque d’être le début de la fin de leur régime.

Flory Masela
© Congoindépendant 2003-2010



06/04/2010
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